Mémoire présenté à la Commission sur le Schéma d’aménagement et de développement de Montréal

Le Conseil régional de l’environnement de Montréal a déposé son mémoire sur le projet de Schéma d’aménagement et de développement de Montréal (SAD). L’organisme considère que l’agglomération de Montréal, qui a souffert jusqu’à aujourd’hui d’un déficit de planification urbaine orientant l’ensemble des décisions d’urbanisme à l’échelle de son territoire, mérite beaucoup mieux que le document actuellement en consultation.

Selon Coralie Deny, directrice générale du CRE-Montréal « l’agglomération de Montréal avec son Schéma doit diriger clairement les futurs plans d’urbanisme, sinon chaque ville et arrondissement ira de son interprétation et de sa volonté. Les principes d’aménagement et de développement durables ne doivent pas en rester aux mots; ils doivent s’inscrire dans le territoire ».

Si Montréal bénéficie de « bons coups » réalisés au cours des dernières années dans plusieurs domaines en lien avec l’aménagement, plusieurs éléments créent un sentiment de médiocrité et d’enthousiasme mitigé, en lien notamment avec les nombreuses fractures urbaines, le déficit en espaces verts en regard de la population, le réseau de transports collectifs qui peine à se développer, ou encore la présence de nombreux îlots de chaleur.

Avec de tels constats, un SAD visionnaire et fort prend tout son sens.

L’île de Montréal est le cœur de la grande région métropolitaine du Québec; elle se doit d’être exemplaire et le fer de lance des municipalités tournées vers l’aménagement et le développement durables.

« Parce que le SAD est notamment une vision, il se doit d’être ambitieux et de viser haut en termes de qualité de milieu de vie tant pour les résidents, les travailleurs, les étudiants que les visiteurs. Il faut déterminer où l’on veut amener l’Agglomération dans 10 ans, dans 20 ans. Il faut profiter de cette occasion offerte par l’élaboration des outils de planification pour donner un nouveau souffle à la métropole », indique Coralie Deny.

L'Agglomération doit fournir un encadrement bien défini, entraînant notamment une réglementation uniformisée à l’échelle de son territoire. La trop grande variabilité d’une ville à l’autre, d’un arrondissement à l’autre qui caractérise actuellement l’agglomération de Montréal, nuit fortement à une vision globale et se traduit par des projets de qualité extrêmement variable d’un point de vue d’aménagement durable.

Le projet de SAD ne permet malheureusement pas de faire émerger une vision commune pour l’agglomération. Ce qui devrait constituer un projet de territoire a été conçu comme une mosaïque d’intérêts contradictoires et de thèmes urbanistiques mal agencée.

Ce projet de SAD, qui devrait donner des lignes directrices pour l’aménagement et de l’urbanisme de l’île de Montréal, s’illustre aussi par son manque d’interventions concrètes, de cibles et d’outils de mise en œuvre.

Pour le CRE-Montréal, il est capital que l’administration municipale revoie donc ce document pour lui donner toute la portée attendue.

Il est important de prendre le temps nécessaire pour bien faire.

Étant donné le besoin de modifier le document, le CRE-Montréal s’interroge sur le délai très court prévu entre la fin des consultations et l’adoption du SAD, eu égard aux transformations importantes que doit subir le projet de SAD. Il est crucial de prendre le temps nécessaire pour y apporter les modifications requises. Dans ces circonstances, le CRE-Montréal considère qu’une demande de report au Gouvernement du Québec doit être effectuée.