Mémoire sur le projet de Plan de gestion des matières résiduelles de la CMM

Avec ses quelques 1,8 millions d’habitants, Montréal est un gros producteur de déchets. À plus grande échelle, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui englobe 63 municipalités, produit quelque 5 millions de tonnes de matières résiduelles par an représentant plus de 50 % de la production totale de déchets du Québec, dont plus de trois millions de tonnes sont envoyées annuellement dans les sites d’enfouissement. Or, la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008 vise notamment la réduction à la source et la récupération à des fins de réemploi, recyclage et compostage de 60 % des déchets domestiques produits. Pour y parvenir, elle oblige la CMM à établir un Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) pour l’ensemble des municipalités sur son territoire.

Nous sommes donc à un moment important dans l’histoire de la gestion de nos déchets, puisque c’est maintenant que le virage vers une véritable gestion environnementale de nos matières résiduelles peut être pris. Or, les performances environnementales actuelles dans le domaine sont bien faibles, avec notamment une moyenne de 17 % pour le taux de récupération, aucune collecte à grande échelle des matières putrescibles, très peu d’initiatives en termes de réduction à la source, tout cela amenant un gaspillage important de nos ressources et une pollution inquiétante. D’autre part, la quantité de déchets générés ne cesse d’augmenter, ceci conduisant directement à une augmentation du tonnage enfoui puisque les efforts de récupération restent timides.

Pourtant, la situation n’est pas désespérée puisque de nombreuses villes ailleurs au Canada et à l’étranger ont fait la démonstration qu’avec les outils adéquats il était possible d’améliorer drastiquement cette performance sur une période de seulement quelques années. Le PGMR en discussion ici représente l’élément de base indispensable pour que le départ soit donné à des changements notables et rapides de façons de faire et d’habitudes dans le domaine de la gestion des matières résiduelles. Le CRE considère donc comme capital que la CMM se dote d’un PGMR qui puisse faire la preuve de cette volonté.