Si Montréal veut devenir une ville intelligente, Elle devra répondre aux enjeux environnementaux.

Le concept de ville intelligente

La ville intelligente est un concept à géométrie variable mais disons que c’est une nouvelle forme de mise en réseau, s’appuyant sur la technologie et l’innovation pour améliorer la gestion urbaine mais aussi pour améliorer l’expérience et le rôle du citoyen. Dans ce sens, elle n’est qu’un moyen pour changer certains modes de fonctionnement et l’idéal serait une ville intelligente par et pour l’humain. En plaçant les gens comme artisans du progrès autant que comme usagers de technologies innovantes, c’est l’intelligence collective qu’on cherche à faire ressortir.

Comment cela peut se traduire?

Pour les planificateurs, les smartgrids sont des « réseaux intelligents » qui utilisent des technologies informatiques de manière à ajuster la production, la distribution, la consommation. En bref c’est l’optimisation de la ville par le partage de données, l’intégration des sphères d’intervention et la rationalisation des pratiques.

Pour les usagers, la ville-intelligente offre des outils pour consommer moins et autrement, pour adapter sa mobilité et pour interagir dans les systèmes de gestion et de décision. Les écocomparateurs permettront par exemple de nous informer en temps réel sur les pratiques les plus respectueuses de l’environnement par exemple dans les choix de déplacement ou de consommation.

En quoi la ville intelligente peut-elle répondre à certains enjeux environnementaux?

On souhaite que Montréal devienne une ville intelligente, cheffe de file en environnement. En plus du rôle central de l’humain, la réussite de la ville intelligente dépend de sa capacité à répondre aux enjeux actuels, notamment en ce qui a trait à l’urbanisation et au transport. Ainsi, il importe de définir des critères de performance pour la ville intelligente que nous voulons. Une ville intelligente est une ville qui sait s’adapter et devrait donc intégrer des cibles de réduction des GES, de transfert modal, de réduction des îlots de chaleurs, de protection des milieux naturels, de réduction de la consommation de pétrole, etc.

En mettant la technologie et le numérique au service du développement durable, on cherche des solutions pour une meilleure gestion urbaine. C’est une panoplie d’outils que nous sommes amenés à mettre en support à des quartiers plus denses, avec une mobilité accrue et une qualité de vie en hausse.

Une application concrète comme exemple

En matière de « stationnement intelligent » des progrès importants pourraient être faits grâce au jalonnement-dynamique et au téléjalonnement. Ces deux méthodes consistent à indiquer la direction, la distance et le nombre de places de stationnement disponibles au moyen de panneaux d’information et d’applications. Cette signalisation, continuellement mise à jour, permet aux conducteurs de faire des choix rapides et éclairés, réduisant ainsi de manière importante la circulation créée par la recherche d’un stationnement.

Cet exemple très précis rappelle aussi l’importance d’une vision globale et sur le long terme puisqu’une mesure d’optimisation isolée n’aura que très peu de retombées. Ainsi le « stationnement intelligent » doit permettre de gérer la demande par le développement des transports collectifs et actifs, ainsi que par un meilleur usage de l’automobile (tels que le covoiturage ou l’autopartage par exemple). C’est une vision intégrée et un parti pris pour la mobilité durable qui permettront les plus grands progrès.

Les citoyens et les organisations œuvrant en environnement interpellés

Les personnes sensibles aux enjeux environnementaux et les groupes environnementaux ont tout intérêt à s’intéresser à la ville intelligente même si ce concept ne répond pas à tout. La ville intelligente est un positionnement pour l’image de marque de Montréal et constitue parfois plus un outil de promotion qu’un outil pour entamer les changements profonds dont nous avons besoin en matière d’optimisation des ressources.

Il est encore temps de demander au Bureau de la ville intelligente et numérique d’intégrer les enjeux environnementaux et les défis du développement durable, par exemple en demandant que Montréal devienne une ville intelligente cheffe de file en environnement dans la boîte à idée créée par la ville de Montréal.

Le CRE-Montréal va lui-même demander que la stratégie soit celle d’une ville intelligente par et pour l’humain, qui offre un environnement sain. L’information, l’éducation, la mise en réseaux doivent faire ressortir l’intelligence collective pour que nous bénéficiions d’une meilleure qualité de vie. L’urgence des enjeux climatiques et de détérioration de l’environnement incitent à trouver des solutions pour préserver notre habitat. Le CRE-Montréal recommande de baser la ville intelligente sur l’humain, en gardant comme prémisse la préservation de l’environnement et en affirmant  l’orientation pour le développement durable.

Liens :

Conférence Comment la ville intelligente peut-elle répondre aux défis du développement durable?

Guide du CRE-Montréal « Le stationnement, un outil incontournable de gestion de la mobilité et de l'aménagement durables »

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