Des dossiers environnementaux montréalais marquants en 2011 et ce qui s'en vient pour 2012

De nouveaux objectifs pour la gestion des matières résiduelles

Avec l’adoption de sa nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles et de son premier plan d’action quinquennal, le gouvernement du Québec met sur la table des objectifs de récupération et de détournement de l’enfouissement intéressants. Le véritable enjeu demeure toutefois l’application de mesures suffisantes pour leur atteinte dans les délais prescrits. Des quantités gigantesques de matières prennent toujours le chemin de l’enfouissement alors qu’elles représentent des ressources précieuses ; les résidus organiques et les produits électroniques en sont des exemples éloquents. 2012 devra faire la preuve que la Politique sera respectée.

Biométhanisation et compostage sur l’île

Montréal doit se choisir des sites pour installer ses infrastructures de traitement des matières organiques. Avec les consultations publiques en 2011 à ce sujet, la métropole devrait être à l’étape en 2012 d’enclencher le processus menant à la construction des installations dans les quatre secteurs de l’île déterminés. Montréal est déjà en retard sur ses échéanciers. II est donc plus que pressant qu’en 2012 Montréal voit à la concrétisation de cette volonté de détourner de l’enfouissement les résidus organiques.
L’agriculture urbaine prend sa place
On en parlait peu avant ; on en a beaucoup parlé en 2011. Grâce à une mobilisation de nombreux organismes, dont le CRE-Montréal, et de plus de 25 000 citoyens qui ont signé une pétition en 2011, des consultations publiques sur l’agriculture urbaine seront tenues par l’Office de consultation publique de Montréal au printemps 2012. Celles-ci, espérons-le, permettront de multiplier dans les prochaines années les activités de jardinage urbain auxquelles on reconnaît désormais les multiples retombées positives.

La préservation des espaces verts demande de la vigilance

Les espaces verts, y compris les parcs, ont toujours une épée de Damoclès au-dessus d’eux : ils peuvent disparaître totalement ou partiellement sous les pelles mécaniques pour toutes sortes de développements. Leur statut n’est toujours pas clair. De telles pertes sont non seulement définitives mais elles creusent encore plus le déficit en espaces verts dans la métropole. D’un coté il faut accepter que les parcs ne sont pas des espaces potentiels de développement et de l’autre il faut toujours envisager la possibilité de conserver le peu qu’il reste des milieux naturels sur l’île. Soulignons pour 2011 l’acquisition du terrain privé sur l’île Charron qui viendra sous peu agrandir le Parc des îles-de-Boucherville. Pour les organismes qui ont œuvré pour cela pendant quatre ans, dont le CRE-Montréal, c’est une belle victoire.

L’acquisition en 2011 pour fins de parcs de 31ha au niveau de l’Anse-à-l’Orme a été un gain à souligner tout en rappelant que 60ha sont encore menacés.

En 2012, l’avenir du golf de Meadowbrook, fortement discuté en 2011, devra être encore sur la table. Dernier grand espace vert disponible à des fins de parcs dans le cœur de Montréal, il fait toujours l’objet de spéculation à des fins de développement. Or, si les besoins en infrastructures (logement, hôpitaux, écoles…) augmentent, ceux liés à l’accès à des espaces verts suivent obligatoirement. En 2012, la réflexion devra être poursuivie dans le cadre de l’aménagement urbain montréalais pour prendre en considération bien en amont des projets les besoins en espaces verts actuels et futurs.

Projet de réfection du complexe Turcot

Au cours de 2011, le Comité de vigilance Turcot, dont fait partie le CRE-Montréal, a été très actif auprès des décideurs dans le but d’influencer les plans sur le projet de réfection du complexe Turcot du ministère des Transports du Québec (MTQ), afin d’en faire un vrai projet de mobilité durable. Début 2012, le Comité a tiré ses conclusions, après plus d’une année d’existence. Après avoir rencontré les principaux intervenants dans le dossier, fait ses recommandations et soutenu et expliqué sa position, il appert pour le Comité que le gouvernement du Québec est actuellement dans une impasse avec ce projet et que, pour s’en sortir, il n’a d’autre choix que de modifier vraiment ses prémisses de base. C’est donc un projet qui se poursuit en 2012. Pour en savoir plus, www.vigilanceturcot.org

Les transports collectifs en mal de financement – Création de TRANSIT

Les transports collectifs ont montré au cours des dernières années, et plus spécifiquement en 2011, une augmentation de l’achalandage et des efforts des sociétés de transport, dont bien sûr la STM, pour améliorer le service. Mais les transports collectifs ont un besoin urgent de financement tant pour le maintien des infrastructures que pour leur développement. Ce constat a mené à l’été 2011 à la création de TRANSIT – L’Alliance pour le financement du transport collectif au Québec, dont le CRE-Montréal est un membre actif. TRANSIT demande une augmentation des sommes consacrées au financement de l’entretien et du développement des transports collectifs au Québec afin d’atteindre les objectifs d’accroissement d’achalandage de 40% d’ici 2020 et de 100% d’ici 2030 dans un cadre financier québécois et fédéral, et de contribuer à l’atteinte de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Le budget provincial 2012 est fortement sollicité pour permettre leur atteinte. Pour en savoir plus, www.transitquebec.org

Un premier plan métropolitain d’aménagement et de développement voit le jour

Le point culminant de l’année 2011 au niveau de l’aménagement du territoire a été l’adoption par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) d’un premier Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). Ce fut une impressionnante participation de la société civile aux consultations publiques et une mobilisation importante autour de plusieurs enjeux cruciaux : la protection de la zone agricole et la création d’une trame et ceinture vertes et bleues. Le PMAD propose aussi d’orienter 40% de la croissance des ménages aux points d’accès du réseau de transport collectif métropolitain, de hausser à 30% la part modale des déplacements effectués par transport collectif en période de pointe du matin d’ici 2021, de protéger 17% du territoire naturel du Grand Montréal, de protéger les rives et les plaines inondables du Grand Montréal. Mais tout reste à faire sur le terrain. 2012 sera l’année de la mise en œuvre du PMAD et de l’élaboration des schémas d’aménagement, dont celui de l’île de Montréal. 2012 représente donc une année importante pour ce dossier qui devra être suivi de très près.

Les émissions de GES au cœur de nombreux débats

L’agglomération de Montréal travaille depuis l’adoption du Plan de développement durable de la collectivité montréalaise 2010-2015 à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un Plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, visant une réduction de 30% des émissions de la collectivité montréalaise d’ici 2020 par rapport à 1990. Parallèlement à cette volonté municipale, l’année 2011 s’est terminée avec le retrait du Canada du protocole de Kyoto. L’année 2012 sera marquée, au niveau du gouvernement du Québec, par les consultations publiques sur le Plan d'action 2013-2020 sur les changements climatiques et sur la Politique québécoise sur le transport terrestre des personnes. Au niveau montréalais, c’est l’élaboration du Plan de réduction des émissions de GES qui sera à suivre.

Réduction et apaisement de la circulation

2011 aura été l’occasion pour le CRE-Montréal de lancer la 1e édition du concours « Vers des rues plus conviviales : Les meilleures mesures d’apaisement de la circulation à Montréal ». Ce concours visait à faire émerger et à soutenir des initiatives collectives qui contribuent à une plus large diffusion des connaissances sur l’apaisement de la circulation (quartiers verts, zones de rencontre, etc.), l’amélioration de la qualité des espaces publics et du cadre de vie, l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, la sécurité des déplacements non motorisés et la promotion des transports actifs et collectifs. Les lauréats ont été dans la catégorie « Meilleur aménagement visant la réallocation de l’espace public vers les modes de transport actif », l’Arrondissement Le Plateau Mont-Royal, dans la catégorie « Meilleur aménagement visant la réduction de la vitesse des véhicules », l’Arrondissement Le Sud-Ouest, dans la catégorie « Meilleur aménagement pour la sécurité des personnes les plus vulnérables » l’Arrondissement Verdun et dans la catégorie « Meilleur aménagement visant l’intégration urbaine » l’Université McGill ex aequo avec le Musée McCord. 2012 devrait voir apparaître d’autres initiatives dans le même sens.

Investissement important à prévoir pour l’eau

En 2011, Montréal a déposé publiquement son rapport sur les Enjeux, orientations et objectifs pour une nouvelle stratégie de l’eau, dans lequel est exprimée la volonté de mettre en place un programme d’installation de compteurs dans les ICI et un programme d’optimisation des réseaux. Le Rapport alerte quant à la grande fragilité actuelle des réseaux de l’eau montréalais et aux énormes besoins sur le long terme quant au maintien des infrastructures et à leur consolidation. Le CRE-Montréal a convenu qu’il y a urgence d’agir et de prévoir de le faire sur une assez longue période pour assurer un réseau efficace et sécuritaire. Des investissements importants y sont associés. Si la majorité du financement nécessaire est évidemment dévolu aux différents ouvrages et infrastructures, il n’en demeure pas moins que, pour une gestion véritablement durable de l’eau, la stratégie doit faire une place suffisante à la mise en œuvre d’alternatives liées à une gestion différenciée des eaux pluviales, à la mise en place d’outils réglementaires nouveaux et au volet communication (pour les municipalités, les ICI et les citoyens). Ce sera sans aucun doute un dossier à suivre en 2012, notamment pour les compteurs d’eau dans les ICI.

Chauffage au bois et pollution de l’air

Lancé en août 2011 par monsieur Pierre Arcand, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, le programme de retrait ou de remplacement d’appareils de chauffage au bois sur l’île de Montréal, géré par Équiterre, représente une deuxième étape importante pour résoudre cette problématique, en faisant suite à l’adoption par la ville de Montréal il y a plus de deux ans, d’un premier règlement interdisant l’installation de nouveaux systèmes de chauffage au bois, à l’exception des granules de bois. Alors que ce règlement permettait de ne pas empirer la situation, ce programme devrait participer à l’améliorer. Le CRE-Montréal demandait en mars 2009 la mise en place d’un tel programme pour améliorer concrètement la qualité de l’air en hiver dans la métropole. Espérons que cela incitera en 2012 toutes les municipalités de l’île de Montréal à emboîter le pas de la ville de Montréal en adoptant rapidement leur propre règlement concernant l’interdiction d’installer de nouveaux systèmes polluants.