17 février 2003 - Commission parlementaire sur la mise en œuvre du protocole de Kyoto - Le transport, une priorité pour les organismes montréalais

Montréal, le 17 février 2003- Plusieurs organismes oeuvrant dans la région de Montréal représentés par le Conseil régional de l’environnement de Montréal, Transport 2000, Greenpeace, Équiterre et Vélo Québec ont annoncé en conférence de presse ce matin leurs priorités pour la commission parlementaire sur la mise en œuvre du protocole de Kyoto. À la veille du début des travaux de la commission, les organismes ont rendu public leur mémoire demandant des interventions prioritaires dans le secteur des transports. Rappelons que le secteur des transports dans la région de Montréal est responsable de plus de 45 % des émissions de GES.

Revoir le plan de gestion des déplacements de la région de Montréal
Plusieurs projets autoroutiers présentés dans le plan de gestion des déplacements de la région de Montréal sont en cours de réalisation ou sur le point de l’être (Autoroute Notre-Dame, réfection de la Métropolitaine, Autoroute 15, élargissement de l’autoroute 10, prolongement de l’autoroute 30). Ces projets représentent une augmentation de la capacité du réseau routier montréalais de plusieurs milliers de véhicules. « Il est urgent que le gouvernement impose un moratoire sur les projets du plan de gestion des déplacements et qu’il revoit l’ensemble des projets à la lumière des objectifs du protocole de Kyoto » de dire Sidney Ribaux du CRE-Montréal. On ne peux poursuivre la construction de nouvelles autoroutes tout en souhaitant réduire nos émissions de GES dans la région de Montréal.

Investir massivement dans le transport en commun
Selon le représentant de Transport 2000 Québec, il est urgent que l’on se donne un plan d’action dans l’année qui vient pour réinvestir dans les systèmes de transport collectif au Québec et à Montréal. Les niveaux actuels sont nettement insuffisants pour rencontrer les objectifs du protocole de Kyoto. «Si le Québec exerce un certain leadership au niveau canadien depuis 1996, l’effort doit être encore accru. Chaque automobiliste qui troque un déplacement individuel pour un déplacement en transport en commun divise sa consommation pétrolière par 10. Le gouvernement canadien devra évidemment être mis à contribution, lui qui s’est retiré de ses propres champs de responsabilités en matière de systèmes de transport terrestre tout au long des années quatre-vingt-dix, et ce contrairement aux État-Unis qui ont révisé leurs politique à cet égard il y a déjà 10 ans malgré qu’ils n’aient même pas ratifié le Protocole», comme l’a démontré Transport 2000 dans son mémoire rendu public ce matin.


Stimuler le développement du réseau de pistes cyclables
«Le vélo fait partie du cocktail de solutions pour remplacer la voiture-solo, a déclaré Jean-François Pronovost, directeur général de Vélo Québec. Avec 750 vélos par 1000 habitants le Québec se place dans le peloton de tête des nations cyclistes loin devant la France et la Grande-Bretagne. Un des défis est sans doute de convaincre les 500 000 québécois qui utilisent le vélo comme mode de transport occasionnel de rejoindre les 150 000 qui en font leur quotidien ! » Dans son intervention, Vélo Québec propose une intervention en trois points : premièrement que la politique vélo du ministère des Transports devienne une véritable politique gouvernementale, pour inspirer le monde municipal et le monde des affaires ; deuxièmement, que le gouvernement du Québec mette en place un programme qui, au cours des dix prochaines années, permettrait des investissements, en partenariat avec les villes, de l’ordre de 10 millions de dollars annuellement ; troisièmement, qu’à l’instar du principe de redevances proposé par le gouvernement pour les véhicules motorisés moins polluants, soit prévu une forme d’allocation ou de déduction lors de l’achat d’une bicyclette.

Meilleure efficacité énergétique des véhicules
Pour Steven Guilbeault de Greenpeace, il faut encourager fortement le Gouvernement du Québec à mettre en place les standards d’émissions et les normes d’efficacité énergétique imposées par l’état de la Californie aux États-Unis. Ces standards exigent, entre autres, des manufacturiers automobiles de fabriquer un certain pourcentage de véhicules à émission zéro. Ce pourcentage est de 10 % entre 2003 et 2008 et sera de 16 % après 2018. Greenpeace appuie également, les programmes favorisant l’achat de véhicules à faible consommation d’essence (dont les véhicules hybrides) décourageant ainsi l’achat des véhicules plus énergivores.

Enfin, les organismes tiennent à souligner que le gouvernement du Québec a fait preuve de courage en reconnaissant ses responsabilités à l’égard de la protection de l’environnement québécois mais également planétaire et ce pour les générations futures. L’atteinte des objectifs de Kyoto, soit de réduire de 6 % les émission de gaz à effet de serre par rapport au niveau ou elles étaient en 1990, et ce, d’ici 2012, demandera à l’ensemble des Québécois des efforts importants. Or, le secteur des transports est responsable de 38 % de l’ensemble des émissions de GES au Québec. Le gouvernement doit être cohérent avec ses engagements et mettre en place les mesures nécessaires à la réduction des émissions de GES dans la région de Montréal par le biais d’une réduction de l’utilisation de l’automobile.

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Pour renseignements :
Sidney Ribaux, Équiterre, 910-2024
Normand Parisien, Transport 2000, 932-8008
Steven Guilbault, Greenpeace, 231-2650
Jean-François Pronovost, Vélo-Québec 521-8356
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