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13 novembre 2002 - Financement du transport en commun - Une large coalition demande une véritable relance du transport en commun pour la région de Montréal
Montréal, le 13 novembre 2002- Une quinzaine d’organismes regroupés au sein d’une large coalition pour la relance du transport en commun dans la région de Montréal ont rendu public en conférence de presse ce matin le texte d’une position commune soumise au Gouvernement du Québec et à son mandataire Louis Bernard sur le financement du transport en commun. Pour la coalition, il faut revoir les besoins de financement du transport en commun à la lumière des engagements contractés par Québec à l’égard du protocole de Kyoto. L’enjeu est de taille puisque selon ces organismes, l’objectif pour la région de Montréal de l’application du protocole de Kyoto dans le secteur des transports, principal responsable des gaz à effet de serre, passe par une augmentation annuelle d’achalandage du transport en commun de 5 % et, en corollaire, une réduction de l’utilisation de l’automobile de 2 %. Or actuellement, on assiste à la situation contraire puisque la part modale du transport en commun n’a cessé de diminuer aux cours des dernières années.
Selon Robert Perreault, directeur du CRE-Montréal, « La situation est critique; avec à peine 20% de part modale dans la région de Montréal, le transport en commun est en situation périlleuse. En-dessous de ce niveau. les experts estiment généralement que l’on assiste à une situation de déclin irréversible. Il faut donc agir rapidement et se donner les moyens d’une croissance de l’utilisation des transports publics qui permettra de porter à 40 % la part modale du transport en commun dans la région de Montréal. Cet objectif, bien qu’élevé, est comparable à la performance de plusieurs villes qui ont priorisé les transports en commun comme Stockholm (part modale de 40 %), Strasbourg (part modale de 43 % ) et Madrid (part modale de 54 %). Montréal avait de tels résultats dans les années soixante. Il s’agit donc d’un objectif atteignable.»
Pour attirer un plus grand nombre de voyageurs vers les transports en commun, il faudra améliorer la qualité du service, notamment à l'égard du temps d'attente aux arrêts, diminuer la durée des déplacements, améliorer l’intégration aux autres modes de transport (auto, vélo et piéton), augmenter le confort et la fiabilité du réseau de transport en commun. Il faudra également augmenter la capacité du réseau sur les principaux axes de déplacements métropolitains et particulièrement sur les axes congestionnés en destination de l’île de Montréal et du centre-ville. Pour atteindre cet objectif, le nouveau cadre financier doit générer, à terme, en 2012, des revenus supplémentaires pour plus de 600 millions de dollars, selon les organismes.
Dans le contexte où le transport en commun constitue une priorité, les organismes demandent aux gouvernements québécois et canadien d’être cohérents avec leur engagement en faveur de l’atteinte des objectifs du protocole de Kyoto en augmentant leurs contributions financières aux immobilisations. De plus, les organismes sont d’avis que le gouvernement du Québec doit mettre en place de nouvelles mesures permettant à la fois de générer de nouveaux revenus dédiés au transport en commun et de favoriser un transfert modal de l’automobile vers les transports publics. Selon Sidney Ribaux, coordonnateur d’Équiterre « L’une des parties de la solution au financement du transport en commun et à l’atteinte des objectifs de Kyoto est d’augmenter la contribution des automobilistes au financement du transport en commun par le biais d’une ou de plusieurs mesures telles que le péage sur l’ensemble des ponts, une taxe sur le stationnement ou une augmentation de la taxe sur l’essence. Ces mesures ont l’avantage d’envoyer des signaux clairs aux automobilistes quant aux coûts sociaux réels liés à l’usage de la voiture privée. »
D’autre part, les organismes mettent en garde le gouvernement du Québec de céder aux pressions de certains élus municipaux favorables à la privatisation partielle ou totale des activités du transport en commun de la région de Montréal. « Avant de s’engager dans cette voie le mandataire devrait étudier l’expérience négative de Londres ou ce qui c’est passé dans le transport régional inter-ville au Québec où les compagnies n’ont conservé en opération que les lignes rentables pour diminuer ou abandonner le service sur les plus petites dessertes. » de dire Gaétan Châteauneuf du conseil central de Montréal de la CSN.
Pour les organismes, le mandataire du ministre, Louis Bernard, ne peut se contenter de mettre de l’avant des mesures qui équivaudraient au simple statu quo. Inutile pour eux de gaspiller des fonds publics pour venir finalement confirmer le déclin des transports en commun. L’ampleur des moyens qui seront mis de l’avant doivent correspondre à des objectifs clairement définis. Ces objectifs ne peuvent qu’être la relance des transports publics, relance souhaitée par le public tel qu’en font foi les résultats d’un sondage que la Commission sur l’amélioration de la mobilité entre Montréal et la Rive-sud a rendu public indiquant que le développement des transports collectifs constitue une priorité dans la région de Montréal.
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Pour renseignements :
Robert Perreault, CRE-Montréal 842-2890
Sidney Ribaux, Équiterre
Gaétan Châteauneuf, CSN
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