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 3 septembre 2009 - Volume 8, no.14 Dossier et entrevues
Traffic Calming à Montréal
Entrevue avec Patrick Morency, Médecin spécialiste en santé communautaire à la Direction de santé publique de Montréal sur l’évolution du dossier de l’apaisement de la circulation à Montréal et ses impacts sur la qualité de vie des citoyens.
1. Qu'est-ce que les mesures d'apaisement de la circulation ?
En plus des dos d’âne allongés, qui sont peut-être les plus connues, ces mesures d’apaisement de la circulation (ou « traffic calming » en anglais) comprennent une panoplie d’interventions, dont les avancées de trottoir, les îlots, les terre-pleins, les voies à largeur rétrécie, etc. Leur objectif est de diminuer le volume et/ou la vitesse de la circulation automobile dans les quartiers afin de diminuer les nombreux problèmes qui y sont associés: insécurité, collisions et blessures, bruit, pollution, inactivité physique, etc.
2. Est-ce qu'elles sont efficaces ?
Les mesures d’apaisement de la circulation démontrent leur efficacité depuis plusieurs décennies, tant sur les rues locales que les artères, à l’échelle d’une intersection, d’un quartier ou d’une ville. Ces interventions sur l’aménagement des rues et des trottoirs, dites mesures passives sont beaucoup plus efficaces que l’éducation ou la répression, parce qu’elles protègent tous les types d’usagers de la route, à tout moment, sans égard à leurs caractéristiques personnelles . Elles sont particulièrement requises autour des écoles et parcs, pour protéger les enfants, et sur les artères, i.e. là où le risque de collisions et de blessures est plus élevé en raison du volume et de la vitesse de la circulation.
3. Est-ce que la ville de Montréal et les arrondissements réalisent des mesures
d'apaisement de la circulation ?
Il y a au Québec, incluant Montréal, d’excellents exemples de mesures d’apaisement, et de toutes sortes. À Montréal, il semble y en avoir davantage dans les quartiers plus riches, où il y a très peu de piétons blessés. Dans les quartiers plus pauvres, au contraire, les besoins sont plus importants parce qu’il y a davantage de trafic, d’artères, de voies larges et de blessés de la route, mais les mesures d’apaisement sont moins fréquentes.
4. Quelles sont les principaux obstacles à la mise en place de mesure
d'apaisement de la circulation?
Plusieurs villes dans plusieurs pays incluent systématiquement ces mesures dans la planification des transports et dans les projets de réfection routière. Par contre, au Québec et à Montréal, la priorité accordée à l’automobile dans les transports, le maintien de la « capacité routière » et l’adaptation du réseau routier au nombre croissant de véhicules semblent être des enjeux plus importants que la sécurité routière. Un renversement des priorités est donc nécessaire .
Bien sûr, les gestionnaires du réseau doivent composer avec des budgets limités. Mais, les sommes allouées au maintien et au développement du réseau routier sont colossales. De plus, l’inclusion de ces mesures dès les premières étapes de la planification, par exemple lors de la réfection des routes ou du réseau d’aqueduc, n’augmenterait pas nécessairement les coûts. En l’absence de tels projets, il est aussi possible d’utiliser des mesures et matériaux qui ne coûtent pas cher, comme les gros bacs à fleurs en béton qui peuvent protéger les piétons, par exemple en procurant un refuge à l’intersection ou en diminuant la distance à parcourir pour traverser la chaussée.
5. Est-ce que la ville de Montréal et les arrondissements pourraient en faire plus ?
D’une part, il manque des objectifs ambitieux de réduction du volume de circulation automobile dans les quartiers centraux, surtout dans un contexte où plusieurs projets actuels contribueront à l’augmenter (la rue Notre-Dame, l’échangeur Turcot, le pont de la 25, etc) D’autre part, on a noté récemment plusieurs implantations de mesures d’apaisement, ciblées sur des rues locales ou sur des rues commerciales. Ceci est un bon début, mais ce n’est pas suffisant, car pour vraiment réduire le risque de collision pour les piétons, il en faudrait davantage, à l’échelle des quartiers et, surtout, sur les artères les plus achalandées.
Patrick Morency, MD, M. Sc.
Prochaine parution électronique : le jeudi 17 septembre 2009
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Merci à la Direction de santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal
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Éditrice : Émilie Boisvert-Croteau
bulletin@cremtl.qc.ca
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