« La mobilité des aînés au cœur d’une ville qui marche »

Date : 
Jeudi, 30 octobre 2014
Horaire : 
13h30 à 17h

Dévoilement des résultats de la démarche participative, lancement d’une exposition, panel d’experts et « Marche de la lenteur » : leprogramme était chargé pour les 80 personnes réunies à la Maison du développement durable !

Le 30 octobre dernier, la TCAÎM et le CRE-Montréal conviaient élus, employés municipaux, organismes et aînés afin que tous reconnaissent la nécessité d’agir maintenant et durablement pour adapter la ville au vieillissement de la population et aux défis de mobilité qu’il engendre. L’événement a d’abord été l’occasion de faire le pré-lancement de l’exposition « Avoir sa place : les aînés prennent la parole », une exposition itinérante de photos et d’extraits de vie sur la place des aînés dans la ville. Cela a permis de mettre le décor pour les organisateurs, qui ont présenté un bilan préliminaire de la démarche «Vieillir en santé dans des quartiers sécuritaires», un projet d’urbanisme participatif mené dans trois arrondissements depuis plus d’un an. Toujours en mettant l’emphase sur les solutions pour que l’environnement urbain encourage la mobilité des aînés, un panel a réunit des experts des milieux universitaire, municipal et de santé publique. Pour clore cet après-midi riche en idées, les participants ont procédé à une manifestation éclair désignée de « marche de la lenteur ». Tenue au coin des rues Sainte-Catherine Ouest et Saint-Urbain, la marche a été l’occasion de sensibiliser les automobilistes sur la difficulté à traverser la rue pour les personnes à mobilité réduite.

Quels sont les particularités de la mobilité des personnes aînées ?

Les personnes de 65 ans et plus sont loin d’être un groupe homogène et en termes de mobilité c’est on ne peut plus visible ! Les enquêtes Origine-Destination de l’AMT démontrent qu’ils favorisent en premier la voiture comme conducteur ou passager pour leurs déplacements (58%), surtout lorsque des incapacités surviennent, suivi de la marche (21%) et des transports collectifs (19%). Tous ces modes de transport nécessitent tôt ou tard de marcher et dans un contexte où 52% des aînés montréalais n’ont pas de permis de conduire, il devient évident que pour assurer la mobilité durable des aînés, les environnements de marche doivent répondre à certains critères de confort et de sécurité. Enfin, si certains enjeux de mobilité sont propres aux personnes âgées, il faut rappeler que c’est l’ensemble des aménagements piétons qui bénéficient de telles démarches de réaménagement.

Quels sont les défis rencontrés par les piétons aînés à Montréal ?

Il faut comprendre, d’abord, qu’à Montréal, le bilan routier est catastrophique. En 2013, 42% des collisions entre piétons et automobilistes (1194 cas) sont survenues sur le territoire montréalais. Années après années, il est préoccupant de constater que parmi les victimes blessés grièvement et mortellement, les deux tiers sont des personnes âgées de 65 ans et plus. Dans le contexte démographique actuel et puisque nos aînés souhaitent vivre le plus longtemps possible dans leur domicile, dans leur communauté, il faut nécessairement améliorer l’environnement urbain qui est trop souvent inadapté à leurs besoins en mobilité.

Dans le cadre du projet «Vieillir en santé dans des quartiers sécuritaires»,  la TCAÎM et le CRE-Montréal sommes allés à la rencontre de près de 150 citoyens aînés vivant dans des secteurs à forte proportion d’aînés pour les sonder sur les obstacles qu’ils rencontraient dans leur quotidien et sur ce qu’ils appréciaient dans leur quartier. Ce qui est ressorti de manière générale : des temps trop courts pour traverser la rue, des trottoirs trop étroits et mal entretenus pouvant causer des chutes (trous l’été, neige et glace l’hiver), un manque de place pour s’asseoir, de l’éclairage inadéquat, des aménagements qui manquent de beauté et de vert, un manque de civisme des automobilistes, etc.

Quel bilan faites-vous à cette étape avancée de la démarche ?

D’abord, les 150 aînés, participants aux activités, ont confirmé qu’ils rencontraient beaucoup d’obstacles dans leurs déplacements. Le fait de pouvoir nous les communiquer puis de rechercher des solutions leur ont donné le sentiment de contribuer au développement de leur communauté. la TCAÎM et le CRE-Montréal ont compris que s’ils sont souvent sous-représentés dans les consultations publiques ce n’est pas par manque d’intérêt, mais plutôt du fait que ces rencontres ont souvent lieu en soirée.

La diversité des intervenants du milieu est aussi ressortie avec des méthodes différentes (focus groupes, ateliers, marches), donc une mobilisation et une implication des aînés variables. Sur ce point, la démarche a permis de tester différents outils participatifs et de faire en sorte que les acteurs locaux s’approprient la démarche. Nos deux organismes souhaitent d’ailleurs que la participation des aînés, mais aussi d’autres populations, permettent de trouver des solutions mieux concertées et plus appropriées. Ainsi, la TCAÎM et le CRE-Montréal demandent aux élus et aux employés municipaux d’intégrer les démarches d’audits participatifs de mobilité dans l’élaboration des plans de transport, et plus spécifiquement des plans locaux de déplacements. Nous souhaitons aussi que les organismes locaux et les tables de quartier participent ou mettent en œuvre des projets de diagnostics urbains participatifs à travers les RUI, les quartiers verts, les promenades urbaines, et la réfection des rues, etc.

Au final, la TCAIM et le CRE-Montréal espèrent conscientiser la population en général, changer les pratiques des urbanistes et pousser les élus à prendre les décisions en intégrant les aînés « pour une ville qui marche ».

Pour consulter la présentation PDF de l'événement.