Les scientifiques dans le processus décisionnel, comment aider la cause des GES ?

Coralie Deny a participé vendredi dernier à un panel, dans le cadre du Symposium «La décision et la science - des univers conciliables» organisé à Montréal par Ouranos, qui visait à discuter du rôle des scientifiques oeuvrant dans le domaine des changements climatiques dans le processus décisionnel. Une question autant intéressante que complexe, car la prise de décisions individuelles et collectives se fait non seulement sur la base de connaissances, mais aussi souvent de croyances et d’intérêts particuliers ou collectifs. C’est ce qui explique, du moins en partie, l’écart souvent constaté entre attitudes et comportements.

La production de connaissances, qui est au coeur des activités des scientifiques, doit percoler dans la société en général, mais en s’assurant d’éclairer et non pas de rendre plus confus.

  • Bien choisir ses mots si le ou la scientifique s’adresse directement à la société via les médias. Pour illustrer, aujourd’hui le terme «Réchauffement» fortement utilisé dans le passé plutôt que l’actuel «changement» climatique, reste fortement ancré dans l’imaginaire populaire (surtout chez les sceptiques). Les termes comme «déchets», «eaux usées» et «digestats» nuisent à l’action durable : le 1er (au lieu de «matières résiduelles») n’incite pas au recyclage, le 2e (au lieu de «eaux utilisées») autorise la pollution de l’eau potable consommée, le 3e (au lieu de «pré-compost») associe ce produit à une matière repoussante et puante.
  • Tenir à jour systématiquement les journalistes qui sont des relayeurs importants (tous types de médias et les réseaux sociaux) pour une compréhension de l’avancement de la connaissance.
  • Tenir à jour systématiquement les organismes de la société civile qui s’intéressent à ces enjeux pour mieux les outiller et ancrer sur le terrain la science, car ils sont aussi des relayeurs importants.
  • Rendre accessibles les données pour assurer une transparence.
  • Éduquer la société sur le fait que la science n’est pas statique et qu’il est normal qu’elle évolue (et les données avec).
  • Mettre davantage l’emphase sur les scénarios dont nous sommes certains (donc de base) et non en premier sur les pires scénarios hypothétiques donc incertains et décourageants.
  • Faire le parallèle entre les émissions de GES et celles des polluants atmosphériques (les mêmes ou d’autres) qui détériorent la qualité de l’air respiré et donc affectent la santé publique.

Voici un vaste sujet qui mérite que l’on s’y attarde pour aider le passage à l’action citoyenne et organisationnelle.

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