Gestion durable des boues municipales en marche

La station d'épuration des eaux usées de Montréal produit quelque 267 000 tonnes de boues déshydratées par année. Les boues récupérées à la station sont actuellement incinérées sur le site de la station puis enfouies dans un site à proximité. Leur incinération permet actuellement de diminuer la consommation d'électricité des installations d'environ 3 M $ sur une facture annuelle de 10 M $. Toutefois, les cendres suivent actuellement systématiquement le chemin de l’enfouissement.

Avec les exigences de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles concernant le recyclage des matières organiques, l’agglomération de Montréal étudie toutes les pistes pour faire en sorte que les boues ne soient plus tout simplement éliminées. L'objectif visé est de valoriser 100 % des boues produites à la station.

Beaucoup de municipalités d’ici et d’ailleurs le font déjà. C’est donc une bonne nouvelle de voir Montréal emboîter le pas. Une première partie des boues de la station d’épuration de la Ville de Montréal seront valorisées à partir des cendres qui ont été reconnues comme engrais agricole par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. La Ville prévoit en écouler ainsi 1 500 tonnes, soit environ 4 % des 45 000 tonnes de cendres produites annuellement par l’usine. Le produit utilisé sous le nom de Fertili cendres fera l’objet d’un épandage dans le cadre de quatre projets pilote qui débuteront le printemps prochain.

Un début prometteur du point de vue d’une gestion durable des matières résiduelles et du changement de perception des eaux dites «usées» qui doivent à l’avenir plutôt être considérées des eaux «utilisées», une façon de dire qu’il faut encore davantage resserrer les normes de rejets de polluants aux égouts. N’oublions pas que ces eaux deviennent à un moment donné l’eau potable de quelqu’un d’autre.

 

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